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Spécialiste de la faiblesse urinaire et de l'incontinence

L’Enurésie, l’incontinence urinaire chez l’enfant

L’énurésie est une incontinence urinaire diurne ou nocturne touchant essentiellement l’enfant. Elle se définit comme une miction normale et complète, involontaire et inconsciente, sans lésion de l’appareil urinaire à un âge où le contrôle sphinctérien est normalement acquis. La continence urinaire diurne et nocturne est acquise normalement avant l’âge de cinq ans avec « l’apprentissage de la propreté ».

Les origines de l’énurésie

L’origine de l’énurésie est souvent d’ordre psychologique. Ainsi, une éducation trop rigide, un événement marquant comme l’arrivée d’une petite ou d’un petit frère peut être à l’origine de l’énurésie chez l’enfant.
L’énurésie peut également trouver son origine dans une immaturité du système vésicale avec une déficience d’inhibition du nerf parasympathique.

Epidémiologie

L’énurésie est un trouble du contrôle de la miction et non de la miction elle-même. L’énurésie est à la fois un symptôme et un état pathologique. L’énurésie nocturne est dite « isolée » si elle n’est pas associée à un trouble mictionnel diurne.
On distingue l’énurésie dite « primaire » quand les troubles n’ont pas été précédés par une période de continence et l’énurésie dite secondaire si le trouble a été précédé d’une période de continence supérieure à 6 mois sans aucun traitement. On estime à 80% les cas d’énurésie comme relevant de l’énurésie primaire.
L’énurésie la plus fréquente est l’énurésie nocturne primaire monosymptomatique qui à elle seule représente de 60 à 85 % des fuites urinaire chez l’enfant.
Les garçons sont plus touchés par l’énurésie nocturne que les filles en atteignant une prévalence estimée entre 6 % et 10% à l’âge de 7 ans. Sa fréquence baisse entre 1 et 2% chez les jeunes de 15 ans.

La prise en charge de l’énurésie

Cette incontinence de l’enfant ne dispose pas de thérapeutique et se limite souvent à de la psychothérapie. Il est cependant possible de voir attribuer des anticholinergiques dans le cas d’immaturité vésicale conduisant à des incontinences diurnes.

Quelles sont les mesures à prendre

Il faudra très tôt impliquer l’enfant dans sa prise en charge. Avant toute chose, il ne faudra jamais culpabiliser ou punir l’enfant suite à un trouble. En effet, la psychologie joue un rôle primordial dans l’énurésie et l’anxiété ou la culpabilité ne peuvent qu’aggraver les troubles.
De même, le port des changes complet ne doit pas être systématique car l’enfant intègre les codes de son environnement et ressent le port des couches comme une infantilisation. Il se préférable de lui mettre plutôt des slips absorbants qui ont une analogie aux sous-vêtements dans leur utilisation.

La gestion au quotidien

L’énurésie nocturne peut être « gérée » en mettant en place des règles simples et en impliquant l’enfant dans leurs mises en place.
Ainsi, il est possible d’éduquer l’enfant au contrôle de sa vessie en :

  • Diminuant l’apport hydrique avant le coucher
  • Lui demandant de vider sa vessie avant d’aller se coucher
  • En incitant l’enfant à être autonome la nuit en se levant pour aller aux toilettes quand il en ressent le besoin
  • Lui demandant de l’aide pour changer ses draps (ceci lui permettra de participer à sa prise en charge)

Ces règles simples peuvent considérablement faire progresser l’enfant dans la prise de conscience de la miction.

Quels sont les traitements ?

Les thérapies comportementales

Comme nous avons pu le définir précédemment, la prise de conscience joue un rôle important dans le traitement de l’énurésie. Ainsi des dispositifs d’alarme ont été mis au point pour réveiller l’enfant dès les premières gouttes. Ce type de dispositif se porte sur le corps de l’enfant et nécessite donc une motivation et une acceptation de sa part.

Psychothérapie

Lors du dialogue avec l’enfant et son environnement il est possible d’identifié l’origine de l’énurésie comme étant liée à des troubles affectifs il sera alors fortement recommandé de passer par une psychothérapie.

La médication

L’énurésie dont l’origine est généralement d’ordre psychologique dispose de peu de solutions médicamenteuses pouvant la traiter. Cependant, certains produits peuvent être utilisés de façon ponctuelle ou lorsque les autres techniques non médicamenteuses n’ont pas donné de résultat.
Ainsi, des traitements existent pour pallier à une sécrétion insuffisante d’hormones antidiurétiques ou encore pour traiter des causes sous-jacentes comme le diabète ou les infections urinaires.

Les thérapies de motivation

La psychologie est essentielle dans la prise en charge de l’énurésie ; ainsi la mise en place d’une thérapie par la motivation de l’enfant peut être une solution. Tout d’abord l’entourage de l’enfant devra être vigilent à mettre en place un environnement favorable pour l’enfant. Des dialogues simples avec l’enfant et une dédramatisation de ces troubles ne peuvent qu’améliorer et accélérer la prise de conscience de l’enfant. Ainsi, des petits « jeux » comme la tenue d’un calendrier ou l’enfant va dessiner un soleil ou un nuage (en fonction de la fuite ou non) permettra à l’enfant de prendre conscience de ses progrès. Une petite récompense peut être parfois associée afin d’entretenir la motivation de l’enfant.

Les exercices de Kegel

Ces exercices sont généralement conseillés aux adultes dans le renforcement du plancher pelvien et l’appréhension du contrôle de la vessie. Dans le cas de l’énurésie, cette technique ne pourra être mise en place que si l’enfant dispose de la maturité nécessaire pour faire les exercices correctement.   
Pour résumer, l’énurésie, contrairement à l’incontinence urinaire de l’adulte trouve généralement ses origines dans la psychologie. Ainsi, peu de solutions thérapeutiques permettent sont traitement. Il ne faut pas hésiter à consulter et à impliquer l’enfant dans sa prise en charge tout en dédramatisant ses troubles.

 La rédaction Sphère-Santé
Retrouvez plus d’articles sur l’incontinence, ses causes, les traitements existants sur le site :
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