06.06.2010
LE CANCER DE LA PROSTATE : UNE AFFAIRE DE COUPLE
Mme S. témoigne :
Accompagner un mari opéré d'un cancer de la prostate et depuis ce jour, incontinent, relève à la fois du désir de lui apporter un bien-être physique et psychologique et également de ne pas se laisser soi-même submerger par une pathologie qui touche le couple. J'ai la chance d'être optimiste et positive.Voici donc ce que j'ai essayé de faire, à l'intuition, pour notre survie.
Être présente à ses côtés dans les moments difficiles : opération, séjour à la clinique, suites opératoires.
Être attentive à tout ce qui peut apporter un soulagement physique par l'aménagement discret de notre lieu de vie, par le choix de tenues vestimentaires adaptées afin d'éviter gêne et humiliation.
Parler le plus simplement du monde de la maladie en employant les termes de cancer, incontinence, impuissance, c'est remettre à leur juste valeur place les problèmes pathologiques au lieu de les considérer comme des tabous et des régressions.
Faire s'exprimer le malade sur ses souffrances, ses sensations, c'est vouloir mieux le comprendre, s'intéresser à lui, partager pour que le fardeau soit moins lourd ; arriver à mettre des mots sur ses angoisses dédramatise les situations et libère énormément.
Ne pas se lover dans la maladie, mais au contraire, accepter toutes les occasions de vivre intensément : sorties, voyages, sport, activités culturelles, contacts sociaux.
Enfin, regarder autour de soi : il y a toujours plus malheureux...
En conclusion, je dirai que cela ne m'a demandé aucun effort.
Nos enfants et petit-enfants sont eux aussi présents positivement, depuis bientôt cinq ans.
Nous vivons des moments exaltants et nous espérons que cela durera longtemps encore.
Je sais aussi qu'il peut m'arriver des problèmes de santé. Je peux compter sur mon mari pour qu'il soit à mes côtés : il l'a déjà prouvé.Merci à Mme S. Pour son témoignage empleint de tendresse et d'émotions
» Lire le témoignage d'Henri, son époux
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Voici un autre témoignage édifiant Par Ben :
J’avais 56 ans lorsque durant un examen médical, mon médecin a senti une petite bosse sur ma prostate. Rien de sérieux, croyait-il, mais il tenait à effectuer d’autres tests. Le premier, une analyse sanguine pour mesurer mon taux d’ASP affichait le nombre 2. Il m’envoya donc consulter un urologue qui, lui aussi, semblait confiant, tout comme le spécialiste qui avait pratiqué la biopsie. Je n’étais donc pas prêt à recevoir le résultat final qui confirmait l’existence d’un cancer de la prostate. Ma vie était bouleversée, et j’avais de la difficulté à réaliser ce qui m’arrivait. J’ai demandé à l’urologue de me parler lentement pour que je prenne en note ses explications; j’ai voulu également qu’il m’explique la signification de certains termes, comme le grade de Gleason (le mien était à 6).
De retour à la maison, j’ai discuté avec ma femme Leah de la décision à prendre. Durant deux semaines, nous avons consacré beaucoup de temps à rechercher des informations sur le cancer de la prostate et nous avons trouvé des articles exhaustifs sur cette maladie. Leah m’a accompagné chez l’urologue. Durant cette période, j’ai connu toute une gamme d’émotions. Au départ, j’étais sous le choc : la perspective de la mort était angoissante, et plus j’accumulais de renseignements sur ce type de cancer, plus les effets secondaires des traitements m’apparaissaient menaçants. Je songeais aux risques d’incontinence et de dysfonction érectile après le traitement initial : la chirurgie (prostatectomie radicale) ou la radiothérapie. Si le traitement de première ligne échouait, cela anéantissait mes chances de guérison. En fait, les traitements ne pouvaient que ralentir la progression de la maladie. Ils incluaient l’hormonothérapie, qui non seulement entraîne la dysfonction érectile, mais réduit la libido et le taux d’énergie. Qu’allait donc devenir ma relation avec Leah? Qu’allait être ma vie? Le fait de parler avec ma femme de nos angoisses est certainement ce qui m’a le plus aidé à composer avec ma situation. Je suis agnostique et je ne crois pas qu’une épreuve comme le cancer a une quelconque signification. De plus, rien ne sert d’en vouloir au destin. Il faut plutôt accorder de l’importance à ce que l’on a accompli, et j’ai essayé autant que possible de réagir de façon positive. Je crois que cela m’a beaucoup aidé.
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