L'acquisition de la propreté
De l'usage de la brosse à dent à celui du pot de chambre, l'acquisition de la propreté commence dès le plus jeune âge... Voici quelques petits trucs pour éviter que l'heure de la toilette ne se transforme en cauchemar !
Si la première étape vers la propreté débute bien souvent avec la délicate "épreuve" du bain, la seconde, a fortiori pour un jeune enfant handicapé, sera d'apprivoiser les instruments de base de la toilette : le gant, la brosse à dent, le peigne...
Avec un peu d'imagination, ces derniers peuvent se métamorphoser en autant de jeux très amusants. Ainsi, enfilé sur la menotte de l'enfant, le gant de toilette devient rapidement une marionnette "câline" à glisser sur le visage puis sur l'ensemble du corps.
Une fois l'outil apprivoisé par l'enfant, la chanson "Gentille Alouette" permet de passer en revue toutes les parties de son anatomie. "Frotti, frottons, en haut en bas, tiens la serviette et essuies-toi" : usons et abusons de ces comptines qui transforment l'heure de la toilette en un moment de jeu et contribuent à mémoriser les différentes étapes.Quant au peigne, mieux vaut faire subir à la poupée les tentatives tâtonnantes de votre tout petit. Installé devant une glace, le parent peignera doucement l'enfant qui mimera l'action sur la chevelure acrylique de son baigneur. La brosse à cheveux peut aussi s'exercer sur les franges du tapis du salon avant de passer sur la tête des frères et soeurs.
Des couches au pot !
"Je connais des papas qui ont bricolé une fausse bouche pour initier leur gamin à l'utilisation de la brosse à dent" raconte Claude Della-Courtiade, orthophoniste et auteur d'un excellent guide à destination des parents d'enfants handicapés. Framboise, anis, citron... Varier les goûts de la pâte à dentifrice permet à l'enfant d'exprimer son propre hit-parade. Si la fraise a la cote, la menthe un peu "écoeurante" est généralement délaissée.
La période estivale reste la saison idéale pour faciliter le difficile passage des couches au pot. Les fesses à l'air, l'enfant visualise plus aisément ce qui se passe lorsqu'il fait pipi. Cependant, une fois les couches retirées, on ne reviendra pas en arrière sous peine de maintenir l'enfant dans un état régressif."En consultations, j'ai observé que certains cas de régression du langage étaient liés à une utilisation prolongée des couches. L'enfant qui ne prend pas en charge sa propreté reste un petit bébé et apprend moins facilement à parler", témoigne Claude Della-Courtiade.
Les parents doivent expliquer à leur enfant qu'une propreté est une affaire strictement personnelle et lui dire par exemple : "Tout ton corps a grandi. Regard tes bras, tes jambes... Maintenant tu es aussi grand dans ta tête. Ton pipi est à toi, il n'est ni pour papa, ni pour maman. Tu peux aller aux toilettes comme les autres. A toi de décider ! " La poupée Barbie pour les filles et Ken pour les garçons aideront à passer aux travaux pratiques.
Claude Della-Courtiade conseille de jouer à faire boire la poupée sexuée avant de la mettre au pot. C'est aux papas, bien sûr, d'initier leur fils à uriner debout dès que celui-ci est en âge de trottiner. Il l'aidera ainsi à s'identifier à l'image masculine. Et pourquoi ne pas saisir l'occasion de la toilette pour revenir sur la différence des sexes... Les jeux et quelques gadgets viennent à bout de bien des tabous : le petit séchoir à poupée permet de réchauffer le tour du pot trop souvent glacial pour le postérieur d'un enfant et le réducteur de cuvette limite la peur du trou du W-C. Inutile de s'inquiéter pour la chasse d'eau, en général les enfants adorent la tirer sans trop se soucier du cumulus !
Éduquer l'enfant handicapé à la toilette, voire à un brin de coquetterie, c'est faciliter son acceptation par les autres et assurer en définitive une meilleure insertion sociale."Élever un enfant handicapé",
Claude Della-Courtiade, éditions ESF, 1989
VRAI ou FAUX ?
Il faut éviter de faire boire l'enfant avant de le mettre au lit
Faux. Cette attitude artificielle ne responsabilise pas les enfants.
C'est encore la maman qui prend en charge la propreté et non l'enfant qui sent qu'il a envie de faire pipi et qui va aux toilettes de son propre chef.
Le pot doit être placé dans les toilettes
Vrai. D'une part il n'est jamais très ragoûtant de disposer le pot au milieu de la salle à manger. D'autre part, l'enfant doit très vite apprendre à faire comme les grands en se rendant aux W-C en cas de besoin pressant. La nuit, on peut installer le pot dans la chambre à coucher pour éviter les petites catastrophes.
Il ne faut pas gronder un enfant qui fait pipi dans sa culotte
Vrai. Mieux vaut passer "l'affaire" sous silence et féliciter l'enfant quand il se rendra aux toilettes. On peut lui rappeler à l'occasion qu'un jour, quand il le décidera, il s'arrêtera de faire pipi dans sa culotte.
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Mise à jour le 02.05.2006
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